Actualité
Les terres rares dans le système sol–plante
février 2022
Le transfert des éléments traces du sol vers la plante constitue une clef dans l'évaluation des risques. Les terres rares peuvent servir de traceurs du transfert de ces éléments. Dans cette étude, nous avons évalué les comportements biogéochimiques des éléments traces et des terres rares dans le continuum sol–plante afin d'évaluer dans quelle mesure le suivi des terres rares permet d'identifier la voie préférentielle entre le sol et la plante.
Les lichens de Louvain-la-Neuve
janvier 2022
Les lichens sont étudiés comme indicateurs de la qualité de l'air à Ottignie-Louvain-la-Neuve. Un réseau de sciences participatives est en cours d'initiation. Plus d'information sur le site : www.lichen.biogeoscience.eu
Mission à Abisko
août 2021
Dans le cadre du projet INCEPTION, une mission s'est déroulée à Abisko en août 2021 avec une équipe de Sorbonne Université et de Paris-Saclay. Ce projet vise à évaluer le couplage des éléments chimiques (carbone, azote et éléments traces comme le vanadium et le molybdène) dans les environnements à pergélisol.
Info
L'océan en plastique
Le plastique est omniprésent dans notre quotidien. Deux cent quatre-vingt millions de tonnes de plastique sont fabriquées chaque année à partir de 8 % de la production mondiale de pétrole. Ce polymère de synthèse n’est malheureusement que très peu recyclé, et se retrouve abondamment dans nos déchets. La production continentale peut atteint le littoral par le réseau hydrographique et s’ajoute aux déchets issus des activités urbaines côtières, particulièrement amplifiées en période estivale. Les propriétés physiques du plastique facilitent son transport dans toutes les directions ; les composés de faible densité peuvent flotter (tels que le polyéthylène) alors que d’autres ont des densités supérieures à celle de l’eau leur permettant d’atteindre des profondeurs abyssales (tels que le polychlorure de vinyle). Leur dégradation est quasi impossible tant les quantités de lumière et d’oxygène sont limitées en profondeur ; ces derniers constituent une pollution persistante. Macrodéchets – comme les bouteilles ou les sacs en plastiques – et microparticules issues de la fragmentation se dispersent au gré des courants océaniques. La NASA a récemment modélisé le transport de ces particules de plastique au sein des gyres océaniques des 35 dernières années, allant jusqu’à former des « continents de plastique », zones de concentration des matières plastiques. Ces déchets créent de nombreux problèmes sur la santé des organismes marins. Par exemple, les animaux en bout de réseau trophique, comme l’albatros et le manchot, accumulent davantage ces polluants. Neuf dixièmes des espèces d’oiseaux marins ingèrent fortuitement des fragments de plastique, soit en les confondant avec des aliments, soit par bioaccumulation. Les mollusques filtrant l’eau marine (jusqu’à plusieurs centaines de millilitres d’eau par heure) y sont également sensibles. Des déchets plastiques viennent récemment d’être repérés en Arctique dans la mer de Barents.
Sel de mer
Les légendes racontent que le sel contenu dans les mers et les océans serait soit produit par des moulins à sel des profondeurs, soit échappé d’amphores de sel gemme suite aux naufrages de navires. Et pourtant, la salinité ne varie guère dans le temps, ce qui semble loin d’être lié à ces mystérieux naufrages. Seules des variations géographiques sont observées : de 10 g de sel par kg d’eau de mer dans la mer Baltique à quatre fois plus en mer Rouge. En moyenne, elle atteint 35 g de sel par kg d’eau de mer. Cette salinité comprend un grand nombre de composants, comme le chlore, le sodium, les sulfates, le magnésium, le calcium ou le potassium. La plupart de ces éléments est issue de l’altération des roches continentales. Le transport depuis les continents vers les mers et les océans est assuré par les rivières et les fleuves. Le chlorure de sodium (NaCl) – sel de table utilisé comme condiment – constitue à lui seul 86 % de la masse de sel dans la mer. On se doit de distinguer l’ion sodium (Na+) de l’ion chlorure (Cl). Si le premier ion est exclusivement apporté par les continents, l’abondance du second (près de deux fois plus concentré) s’explique en partie par le volcanisme sous-marin actif durant les périodes primitives de la Terre. L’acide chlorhydrique (HCl) ainsi produit a permis la libération de grandes quantités d’ions chlorures au sein de l’océan mondial. À la différence d’autres ions, comme le calcium (Ca2+), les ions sodium et chlorure n’interviennent pas dans les cycles biologiques ce qui explique leur grande stabilité en solution au sein des océans. Paradoxalement, ce sont finalement les eaux douces qui alimentent les océans et les mers en sel.
Bambou de bois
Le bois est une ressource naturelle essentielle dans notre société, en tant que bois d’œuvre, bois d’industrie, ou encore bois de chauffage. Son exploitation à l’échelle mondiale est à l’origine d’une déforestation massive, en particulier sous les latitudes tropicales. Aujourd’hui, quatre milliards de tonnes de bois sont consommées chaque année, dont 16 % servent à la production papetière. Parmi toutes les espèces exploitées, intéressons-nous à l’une d’entre elle aux multiples usages : le bambou. Mais peut-on parler réellement de bois de bambou ? Pour répondre à cette question, il faut étudier la structure interne d’une tige. Au centre de celle-ci, on y trouve la moelle, ainsi que les tissus conducteurs de sèves : le xylème et le phloème. Le premier transporte la sève brute, une solution très diluée quittant les racines pour les organes aériens. Le second conduit la sève élaborée, constituée des produits de la photosynthèse depuis les zones photosynthétiques jusqu’aux autres organes. Des structures secondaires se développent peu à peu en périphérie de cette même tige chez les gymnospermes et les angiospermes dicotylédones : les assises libéro-ligneuse et subéro-phellodermique qui permettent une croissance en épaisseur. L’assise la plus externe – assise subéro-phellodermique – est responsable de la production entre autres du liège, tandis que l’assise la plus interne – assise libéro-ligneuse – fabrique le xylème et le phloème secondaires, respectivement communément appelés le bois et le liber. À l’exclusion du bois, toutes ces structures constituent l’écorce. Le bois n’est donc qu’une fraction de la tige, à savoir le xylème secondaire. Le bambou, tout comme le brin d’herbe ou le roseau, fait partie des angiospermes monocotylédones qui n’ont pas de croissance en épaisseur. Cela signifie que la croissance se fait à diamètre constant tout au long de sa vie. Il n’y a donc pas de production de bois. Le bois de bambou n’est donc pas du bois.
Recherche
Enseignement
Pédologie
Lichénologie
Équipe
Yannick Agnan
enseignant-chercheur
Bryan Arbalestrie
doctorant
Nathan Bemelmans
doctorant
Romain Duquenne
doctorant
Noé Vandevoorde
doctorant